samedi 24 août 2019

Reprise en main du cutter

Des patrons imprimés étaient en attente depuis des années...
La suite dans les idées peut bien être en suspens des années durant,
il est possible de renouer comme si c'était hier.
Et c'est aussi surprenant que satisfaisant.









mercredi 21 août 2019

Un mazzocchio Cent facettes (avec accroc)






Il y a une semaine j'ai renoué avec la fabrication du mazzocchio d'anniversaire.
Il s'agissait de célébrer un centenaire, celui de ma mère, née le 14 août 1919. J'avais réalisé déjà, il y a treize ans, un mazzocchio à 87 facettes, divisées en 29 fois 3. On était proche de la roue tellement les arêtes extérieures étaient étroites. Cette fois il me suffisait de multiplier 10 par 10 et j'avais déjà réalisé ce patron dans la série des 3 fois 3 à 14 fois 14 que j'avais peut-être nommé la Suite Mazzocchio.
Cette fois il m'est venu à l'idée qu'ajouter les millésimes ancrerait les cent âges dans l'époque véritable traversée par une personne née en 1919 qui a eu vingt ans en 1939 et 50 ans en 1969. Impossible d'inscrire en gros l'année 1919 puisqu'à ce compte il faudrait dénombrer cent et une facettes. J'ai donc aussi pour la première fois ajoutée un petit texte avec explication et signature. Je me suis efforcé de bien découper, rainurer, plier et coller le papier, avec le souvenir de la minutie nécessaire à l'exercice. Le dernier assemblage restant délicat, j'ai éprouvé la grande satisfaction de réussir l'objet après une interruption si longue de cette pratique.
Deux contrariétés sont venues ternir ma joie. A la suite de cette impression mon imprimante s'est enrayée et ne veut plus imprimer mon papier Arches 250 grammes, j'ai couru en acheter une autre qui n'en veut pas non plus.
Et, dimanche, alors que je montrais fièrement mon beau mazzocchio à cent facettes il s'est trouvé un observateur plus attentif qui a mis le doigt sur une erreur que j'ai faite, faute d'avoir vérifié avant assemblage. Aurélien Lothier m'a montré que les âges 11, 12, 13 et 14 ne sont pas imprimés, remplacés par 21, 22, 23 et 24 qui apparaissent donc deux fois, côte à côte. On ne voit pas ce défaut si on regarde le mazzocchio sur son endroit, c'est-à-dire lorsque le 100 apparaît clairement face à nous, mais si on observe attentivement les photos des modules avant montage on peut apercevoir deux fois les âges 21 et 22.
Il me faudra réparer cette erreur, retrouver une imprimante valide, car les mazzocchios sont relancés, grâce à la sollicitation de Jean-Blaise Picheral dont on reparlera bientôt.

mardi 6 novembre 2018

J’avais rêvé de crayon et d’aquarelle

Maintenant il faut s'y risquer, le faire, quitte à ne réussir à copier le rêve du faire. 

jeudi 22 février 2018

Observez bien les reflets des phares




Observez bien les reflets des phares, non seulement sur la chaussée mais également sur la grille à ma gauche en remontant hier en direction du Trocadéro. 
Ces reflets sont des fuyantes et les pointes de leurs triangles viennent désigner avec précision ma situation de l'instant. Trois points donc ici pour me relier, trois points qu'il faut imaginer, ce qui ne signifie nullement qu'ils ne résident que dans mon imagination - bien au contraire. 

Trois points qui font écho au point de l'œil artificiel de mon iPhone, auquel je délègue le soin de bien représenter le point qui fusionne (merci cerveau) les deux points distincts de mes deux yeux (dont l'un beaucoup plus myope). 

Notons aussi que l'apparence immédiate nous ferait croire à un point de fuite principal unique devant moi et bien au centre. 

Détrompons-nous, seules les horizontales exactes de l'édifice de Perret à ma gauche et des édifices hausmanniens à ma droite fuient en un point qui sera détectable face à moi. 

Légèrement décalé au-dessus de ce dernier sera le point de fuite des parallèles de la chaussée en pente. Et mon trottoir. 
Vous voyez la pente ? 

Exercice complémentaire : prolongez jusqu'au bas de l'image les verticales des arbres et du beau lampadaire art déco. 
Voyez comme à mesure qu'elles s'approchent de mes pas ces lignes s'éloignent des bords de la chaussée et du trottoir. 
Ces fuyantes se croisent. 
En permanence autour de moi, elle me situent, m'appartiennent en propre et en partage très équitable. 
Autour de chaque "moi" en promenade ou au travail, à tout âge et par tout temps. Depuis longtemps et pour longtemps. 

Cette connaissance par observation assidue et réflexion extirpée avec effort aux lieux communs et clichés courants, tard arrivée dans ma vie, tard parvenue à ma conscience, je vous l'offre.

samedi 28 octobre 2017

Une idée derrière la tête




Un article sur un livre consacré à l'artiste Giulio Paolini

Clique ici : Archives de la Critique d'Art

Il y a deux ans j'étais reparti des Archives de la Critique à Rennes, où j'avais accompagné mes étudiants pour la préparation de leur mémoire, avec un livre confié par Sylvie Moktari pour que j'en fasse une note de lecture. Tout premier exercice de ce genre. Enthousiaste, j'en avais commencé la lecture en italien dans le train de retour à Paris. Puis j'avais laissé passer des mois et il aura fallu une relance pressante de la part de Sylvie Moktari pour que je m'attaque à la rédaction définitive et suffisamment concise de cette note de lecture. J'avais craint avoir la dent trop dure. J'avais essayé de peser mes mots. L'œuvre de Paolini, qui brasse abondamment images et idées étroitement liées à la perspective devrait me plaire. Or elle n'est pas de celles qui m'intéressent le plus. Je sais pourquoi. Et je le dis un peu dans ce texte. Paolini considère la perspective comme une langue morte. Il doit l'aimer suffisamment, mais comme une langue morte. Et son œuvre est interprétée comme une critique qui ressasse tous les poncifs habituellement convoqués. Or, on peut l'observer à tout instant, la perspective est tout ce qu'il y a de plus vivant.
Je viens seulement de relire ce petit texte disponible sur le site des Archives de la Critique et je me suis aperçu que je n'en suis pas mécontent.

On pourra interroger Google et les livres pour prendre connaissance des œuvres de Giulio Paolini dont j'aimerais bien visiter bientôt la fondation.


mardi 24 octobre 2017

A la toute fin de la rétrospective David Hockney du Centre Pompidou

Hier soir fermait ses portes définitivement à Paris la rétrospective David Hockney ouverte au public au Centre Pompidou depuis la fin du mois de juin. Je lui avais rendu une visite que je pensais la toute dernière mercredi dernier, 18 octobre, et dans la file d'attente réservée aux abonnés et aux visiteurs munis de billets une jeune chinoise juste devant moi m'ayant demandé quelle expositions étaient ouvertes en ce moment je lui avais conseillé Hockney qui était sur le point de se terminer. "J'adore." Et si vous voulez nous pouvons la visiter ensemble. Quelle aubaine, je pouvais faire le tour complet de toutes les salles en lui révélant ce que je savais des œuvres et de l'artiste que je connais depuis octobre 1974, date de mon arrivée à Paris, veille de mon entrée à l'université pour y étudier l'art. La veille j'avais couru au Mac Mahon voir une fois et demi A Bigger Splash qu'un article paru dans le Elle acheté par ma sœur Hélène à Laval m'avait convaincu d'aller voir. On entrait au cinéma quand bon nous semblait à l'époque et on pouvait pour le prix d'une entrée revoir le film à satiété. Merveille, je découvrais des bribes de la vie de cet artiste qui une semaine auparavant m'était totalement inconnu et les œuvres de l'exposition étaient montrées en cours de fabrication dans le film. Et quoi, à l'heure de Support Surface, de l'art corporel, de l'art Conceptuel, du minimalisme dont j'avais connaissance par la revue Art Press, lue depuis son premier numéro à Orléans, on exposait rue de Rivoli, au Musée des Arts Décoratifs, un artiste anglais de trente sept ans qui dessinait aux crayons de couleurs, des portraits, des tulipes, des scènes d'intérieurs avec des hommes et une femme, toujours la même, Célia. J'étais resté longtemps devant les dessins aux crayons de couleur, étonné, charmé, intrigué. Je préférais les peintures des débuts, plus rugueuses, ornées de maladresses exquises, plutôt que de suivre une tendance à la ressemblance photographique que la chronologie dévoilait. Quatre fois je suis allé voir l'exposition, quatre fois je suis allé voir le film, seul ou avec un ami à qui je vantais les mérites de l'un et l'autre. A l'université j'ai compris, car je n'étais pas bête et que je lisais les revues, qu'il ne me faudrait pas me vanter trop haut d'aimer ce peintre anglais, David Hockney. J'ai néanmoins trouvé une personne, Claudine Roméo, avec qui j'avais  découvert pouvoir m'en entretenir. Elle voyait tout comme moi des rapprochements sensibles entre Paul Klee et David Hockney. Et les jeux d'eau de David Hockney. Côté enseignement d'histoire de l'art, dans la toute nouvelle Fac de la rue de Tolbiac, empilement irrégulier de cubes bruns aux arêtes arrondies, j'avais un cours de cinéma, Jean-Paul Török nous y parlait de la Nouvelle Vague, j'ai eu l'occasion de faire un exposé sur un film quatre fois, Mes Petites amoureuses, de Jean Eustache, que je découvrais totalement. J'ai gardé de la chanson du générique un goût immodéré pour Charles Trenet. Jean-Paul Török avait publié dans Positif un article sur A Bigger Splash. J'avais un autre interlocuteur avec qui parler de David Hockney.