mercredi 10 novembre 2021

Je sais où je vais


 C'est ce que j'ai titré en passant devant la Gare Saint-Lazare par la gauche pour remonter la rue de Rome et atteindre les deux sites visés par ma promenade soudainement décidée une demi-heure auparavant. Il faisait beau, il n'était pas trop tard, pas encore dix-sept heures et je pouvais bien incarner mes recherches sur Caillebotte dans une déambulation parisienne précise, me rendre au site du Pont de l'Europe et au carrefour des rues de Turin, Moscou, Saint-Petersbourg et Clapeyron, pour repérer, pour la deuxième fois en une petite quinzaine d'années les deux sites soigneusement cadrés par le jeune Gustave Caillebotte au milieu des années 70 du dix-neuvième siècle. Car c'est mon affaire que d'étudier les œuvres en m'en servant de tremplin pour plonger dans le réel des lieux, qui persistent quelles que soient les altérations des quelques cent cinquante années passées. C'est pourquoi je disais "Je sais où je vais". 

dimanche 7 novembre 2021

Conscience du "Tableau"

En allant chercher le pain, toujours un œil pour le clocher reconstruit par Viollet Le Duc et la question de savoir si Frédéric Bazille l'a vu à la veille de sa mort hélas quand il s'est élancé exposer son grand corps aux balles ennemies peu de temps après avoir déclaré à ses compagnons sa confiance de ne pas mourir puisqu'il avait tant de choses à faire. Il aura néanmoins, si jeune, laissé une œuvre peinte récemment reconsidérée par le musée d'Orsay. 
Mais la motivation première aura sans douté été la rencontre des couleurs dans les reflets de la voiture neuve. Conscience du "tableau" au sens perspectif, car c'est le point essentiel à comprendre pour prendre ses repères dans cette affaire de structure perspective. Et les surfaces réfléchissantes, qu'elles soient planes ou courbées, sont d'excellents supports d'images qui répondent au nom perspectif de "tableau". 

 

samedi 24 août 2019

Reprise en main du cutter

Des patrons imprimés étaient en attente depuis des années...
La suite dans les idées peut bien être en suspens des années durant,
il est possible de renouer comme si c'était hier.
Et c'est aussi surprenant que satisfaisant.









mercredi 21 août 2019

Un mazzocchio Cent facettes (avec accroc)






Il y a une semaine j'ai renoué avec la fabrication du mazzocchio d'anniversaire.
Il s'agissait de célébrer un centenaire, celui de ma mère, née le 14 août 1919. J'avais réalisé déjà, il y a treize ans, un mazzocchio à 87 facettes, divisées en 29 fois 3. On était proche de la roue tellement les arêtes extérieures étaient étroites. Cette fois il me suffisait de multiplier 10 par 10 et j'avais déjà réalisé ce patron dans la série des 3 fois 3 à 14 fois 14 que j'avais peut-être nommé la Suite Mazzocchio.
Cette fois il m'est venu à l'idée qu'ajouter les millésimes ancrerait les cent âges dans l'époque véritable traversée par une personne née en 1919 qui a eu vingt ans en 1939 et 50 ans en 1969. Impossible d'inscrire en gros l'année 1919 puisqu'à ce compte il faudrait dénombrer cent et une facettes. J'ai donc aussi pour la première fois ajoutée un petit texte avec explication et signature. Je me suis efforcé de bien découper, rainurer, plier et coller le papier, avec le souvenir de la minutie nécessaire à l'exercice. Le dernier assemblage restant délicat, j'ai éprouvé la grande satisfaction de réussir l'objet après une interruption si longue de cette pratique.
Deux contrariétés sont venues ternir ma joie. A la suite de cette impression mon imprimante s'est enrayée et ne veut plus imprimer mon papier Arches 250 grammes, j'ai couru en acheter une autre qui n'en veut pas non plus.
Et, dimanche, alors que je montrais fièrement mon beau mazzocchio à cent facettes il s'est trouvé un observateur plus attentif qui a mis le doigt sur une erreur que j'ai faite, faute d'avoir vérifié avant assemblage. Aurélien Lothier m'a montré que les âges 11, 12, 13 et 14 ne sont pas imprimés, remplacés par 21, 22, 23 et 24 qui apparaissent donc deux fois, côte à côte. On ne voit pas ce défaut si on regarde le mazzocchio sur son endroit, c'est-à-dire lorsque le 100 apparaît clairement face à nous, mais si on observe attentivement les photos des modules avant montage on peut apercevoir deux fois les âges 21 et 22.
Il me faudra réparer cette erreur, retrouver une imprimante valide, car les mazzocchios sont relancés, grâce à la sollicitation de Jean-Blaise Picheral dont on reparlera bientôt.

mardi 6 novembre 2018

J’avais rêvé de crayon et d’aquarelle

Maintenant il faut s'y risquer, le faire, quitte à ne réussir à copier le rêve du faire. 

jeudi 22 février 2018

Observez bien les reflets des phares




Observez bien les reflets des phares, non seulement sur la chaussée mais également sur la grille à ma gauche en remontant hier en direction du Trocadéro. 
Ces reflets sont des fuyantes et les pointes de leurs triangles viennent désigner avec précision ma situation de l'instant. Trois points donc ici pour me relier, trois points qu'il faut imaginer, ce qui ne signifie nullement qu'ils ne résident que dans mon imagination - bien au contraire. 

Trois points qui font écho au point de l'œil artificiel de mon iPhone, auquel je délègue le soin de bien représenter le point qui fusionne (merci cerveau) les deux points distincts de mes deux yeux (dont l'un beaucoup plus myope). 

Notons aussi que l'apparence immédiate nous ferait croire à un point de fuite principal unique devant moi et bien au centre. 

Détrompons-nous, seules les horizontales exactes de l'édifice de Perret à ma gauche et des édifices hausmanniens à ma droite fuient en un point qui sera détectable face à moi. 

Légèrement décalé au-dessus de ce dernier sera le point de fuite des parallèles de la chaussée en pente. Et mon trottoir. 
Vous voyez la pente ? 

Exercice complémentaire : prolongez jusqu'au bas de l'image les verticales des arbres et du beau lampadaire art déco. 
Voyez comme à mesure qu'elles s'approchent de mes pas ces lignes s'éloignent des bords de la chaussée et du trottoir. 
Ces fuyantes se croisent. 
En permanence autour de moi, elle me situent, m'appartiennent en propre et en partage très équitable. 
Autour de chaque "moi" en promenade ou au travail, à tout âge et par tout temps. Depuis longtemps et pour longtemps. 

Cette connaissance par observation assidue et réflexion extirpée avec effort aux lieux communs et clichés courants, tard arrivée dans ma vie, tard parvenue à ma conscience, je vous l'offre.

samedi 28 octobre 2017

Une idée derrière la tête




Un article sur un livre consacré à l'artiste Giulio Paolini

Clique ici : Archives de la Critique d'Art

Il y a deux ans j'étais reparti des Archives de la Critique à Rennes, où j'avais accompagné mes étudiants pour la préparation de leur mémoire, avec un livre confié par Sylvie Moktari pour que j'en fasse une note de lecture. Tout premier exercice de ce genre. Enthousiaste, j'en avais commencé la lecture en italien dans le train de retour à Paris. Puis j'avais laissé passer des mois et il aura fallu une relance pressante de la part de Sylvie Moktari pour que je m'attaque à la rédaction définitive et suffisamment concise de cette note de lecture. J'avais craint avoir la dent trop dure. J'avais essayé de peser mes mots. L'œuvre de Paolini, qui brasse abondamment images et idées étroitement liées à la perspective devrait me plaire. Or elle n'est pas de celles qui m'intéressent le plus. Je sais pourquoi. Et je le dis un peu dans ce texte. Paolini considère la perspective comme une langue morte. Il doit l'aimer suffisamment, mais comme une langue morte. Et son œuvre est interprétée comme une critique qui ressasse tous les poncifs habituellement convoqués. Or, on peut l'observer à tout instant, la perspective est tout ce qu'il y a de plus vivant.
Je viens seulement de relire ce petit texte disponible sur le site des Archives de la Critique et je me suis aperçu que je n'en suis pas mécontent.

On pourra interroger Google et les livres pour prendre connaissance des œuvres de Giulio Paolini dont j'aimerais bien visiter bientôt la fondation.