mardi 20 novembre 2007

Copie conforme


Pas peu fier d'être enfin parvenu à reconstruire (non pas en béton mais modestement en papier) le pilier en V de Jean Le Couteur. Il m'aura fallu retrouver l'usage des méthodes de calcul des différentes faces. Mais, à l'évidence, c'est dans un format un peu plus généreux que je désire multiplier ce module auquel il me plaît d'adhérer même si je n'en suis pas l'inventeur. (Je n'étais pas plus l'inventeur du module de Brancusi qui a généré tant d'imprévisibles dérivés.)
On remontera au message du 15 octobre pour comparaison utile.

mardi 6 novembre 2007

Quitte à être bancal...



...autant l'être tout à fait. Puisque j'en étais à déplorer le piètre résultat de mon dernier travail mal foutu mal pensé mal aimé je me suis détourné du montage des maisons en pente qui montent tout droit (dont le résultat déjà largement accompli ne promet aucune surprise et ne demande qu'un allongement conséquent) pour entamer impulsivement une nouveauté confectionnée par assemblage des chutes tirées de la corbeille à papier (un si beau papier). La nouveauté n'est pas si inédite puisqu'elle s'accolle à l'idée de l'été de former des volumes irréguliers comme des cailloux.

Comprendra-t-on ?



Ce projet remontait à mai. Etait en retard depuis mai. Restait en souffrance depuis mai. Repris enfin hier soir, repris en tâchant de réchauffer la hâte refroidie par un si long laps, repris car enfin ça ne se fait pas d'abandonner dans l'inachevé des maisons censées monter et tourner. Mais on n'y comprendra rien si je ne me penche pas plus concrètement sur le problème. J'espérais recréer une belle hélicoïde continue mais patatras, c'est plat, tout plat, avec des murs inclinés inutilement.
Guère envie d'insister. On aimerait mieux rentrée plus triomphale.
Et le poids des hésitations concernant un plus récent emballement, le fameux pilier en V qui récemment piqua la zone sensible. Demain peut-être ?

dimanche 21 octobre 2007

Beau mur de pierres à Yèvre-le-Châtel


On peut dire que je connais cette paroi de pierres parfaitement alignées depuis toujours puisque je suis arrivé à Yèvre-le-Châtel à l'âge de six mois (quelques années avant l'installation de Vieira da Silva qui ne pouvait pas être indifférente au charme minéral de certaines de ses rues). Des amis croient voir là les fondations d'une vocation d'architecte que j'aurais manquée ; on en distinguerait les échos dans mes engouements, mes productions de volumes, pourtant je suis bien certain que non, définitivement, jamais je n'aurais pu devenir un architecte, jamais je ne l'ai désiré, jamais je ne pourrais penser ajouter quelque volume réel que ce soit dans l'espace réel. (L'espace dans lequel évoluent les œuvres d'art n'est pas tout à fait l'espce réel, et c'est très heureux.)

L'architecte s'appelle Jean Le Couteur

Un guide du Mans, Le Guide des éditions du patrimoine, acheté le dimanche 15 juillet au château de Châteaudun de retour d'une merveilleuse excursion proustienne jusqu'à la Maison de Tante Léonie à Illiers-Combray, acheté en pleine vacances pour de prometteuses découvertes itinérantes en compagnie d'étudiants, m'a révélé jeudi le nom de l'architecte auteur des splendides piles en V et de l'immeuble qu'elles soutiennent : Jean Le Couteur.

lundi 15 octobre 2007

Entiché


Depuis vendredi matin je suis littéralement hanté par la découverte faite au Mans en compagnie de quelques étudiants d'un pilier en V que jusque-là je ne connaissais que de loin, ce qui m'avait empêché de saisir la subtilité de son dessin, c'est-à-dire la conception particulière de son volume. J'ignore encore le nom de l'architecte mais j'imagine interviewer quelques informateurs. Cet architecte a dû d'ailleurs digérer la déception amère de voir un jour l'espace sous son immeuble, pensé vacant afin de laisser traverser le regard jusqu'à la rangée de maisons et d'arbres qui bordent l'autre rive de la Sarthe, être oblitéré par des caissons opaques voués à stocker je ne sais quels objets ou occupations.

La rencontre est décisive car elle relance mon activité de faiseur de volumes restée plusieurs mois en attente. C'est du moins ainsi que je l'imagine car je n'ai toujours pas réussi, trois jours après cette fulgurante révélation, à faire en sorte que ce projet pourtant précis de réaliser une "maquette" quitte le domaine infini de la virtualité prometteuse.

lundi 8 octobre 2007

Le projet de faire un mur en volumes de papiers

Dans un commentaire à mon envoi précédent David me rappelle qu'une partie de l'été, en Bretagne, alors qu'il m'était matériellement impossible de travailler, j'ai été obsédé par l'idée de construire des volumes polyédriques irréguliers, assez volumineux pour ressembler à des pierres mais légers comme les volumes de papier qu'il resteraient, que j'assemblerais comme on assemble en les superposant les pierres d'un petit mur. J'avais vu le muret en construction de François Jeune, interrompu dans ses travaux par notre visite à Lasné et il ne peut pas faire de doute que mon idée chimérique avait trouvé là son origine, loin des possibles normaux issus de mes briques orthogonales. J'y croyais, ou je faisais semblant d'y croire quand au volant je rêvais à mon petit mur mais rien ne m'indique la marche à suivre pour construire de tels volumes qui voudraient imiter les facettes aléatoires de la pierre à moins d'être entraîné vers les complexités artificielles mais désormais familières issues des programmes complaisants qui donnent l'illusion d'être le maître des trois dimensions des représentations.

La sévère concurrence des livres


Puisque tout semble laisser penser que le retour au dessin et à la fabrication de volumes qui constitue pourtant l'essentiel du propos de ce blog est encore différé, cette image montrera néanmoins des volumes, rapportés, hier dimanche, un beau dimanche ensoleillé, de Lorris, Loiret, où se tenait ce que certains appellent une brocante, d'autres un vide-greniers, d'autres encore une foire à tout. On pourrait nommer compulsif, frénétique, mon désir d'acquérir des livres et se demander où je parviendrai à caser tout ça (sans même se demander quand je prendrai le temps de lire tout ça ?) (s'intéresserait-on au calcul du temps nécessaire à réellement lire ces dix-sept volumes récoltés hier ?).
De haut en bas, c'est-à-dire de droite à gauche :
Le Baron Perché, est un livre d'Italo Calvino que j'ai lu en Italien, en 1979 ou peu après, je l'ai racheté en français pour le faire lire, c'est sans doute le sort que je réserve à ce livre de Poche comme neuf imprimé en 1971, je ne connaissais pas cette édition.
Les Nombres et leurs mystères, par André Warusfel, (Point Sciences, 1961, exemplaire imprimé en 1980) est un livre qui tombe à pic pour m'éclairer dans mes spéculations géométriques terriblement excitantes.
Le Jour avant le lendemain du danois Jørn Riel que m'a fait découvrir Fernando de la librairie Tschann au printemps 2006 est un 10x18 déjà lu que j'offrirai (j'ignore encore à qui).
Le bonheur fragile d'Alfred Kern, grand-père d'Hippolyte, mon filleul. Un Livre de Poche de 1964 en excellent état.
Qu'est-ce que la philosophie antique, de Pierre Hadot, un Folio que Sylvain Bonniol m'a donné envie de lire.
Tout Ubu d'Alfred Jarry, un beau Poche imprimé dans la Sarthe que je pourrai prêter ou offrir.
Mon gourou et son disciple, un 10x18 de Christopher Isherwood, dont j'ai déjà aimé quelques livres ; auteur américain d'origine anglaise qui a croisé David Hockney en Californie.
Vue sur l'Hudson, un 10x18 d'Ethan Canin qui me transporterait agréablement à Manhattan.
Mémoires d'un architecte, Fernand Pouillon, Le Livre de Poche. Depuis que mon ami David Liaudet qui l'a lu m'en a parlé je me promets de lire un jour l'autobiographie tumultueuse de cet architecte dont j'aime les immeubles du Vieux Port de Marseille.
Voyage avec un âne dans les Cévennes de Stevenson, un beau 10x18 déjà lu avec grand enthousiasme dans une autre édition et déjà offert plusieurs fois.
Histoire de l'Impressionnisme, John Rewald deux tomes dans une belle collection de Poche qui n'existe plus. Je les ai déjà mais le superbe état de ces exemplaires m'a empêché de résister à les acquérir pour une somme modeste.
Mademoiselle Bambù, de Pierre Mac Orlan, un Livre de Poche imprimé en 1966, le genre exact de livres qui représente une autre époque de la lecture, assez mince pour que j'imagine peut-être un jour de grand soleil le lire en chaise longue dans le jardin. A moins que les évocations de villes promises par le texte de présentation ne m'amènent à aller fouiller sans ordre parmi les pages un peu jaunies (tranche rouge).
Tombeau pour cinq cent mille soldats, Pierre Guyotat, Gallimard, 1967. Jamais lu, seulement quelques fragments, mais livre connu depuis 1974 ou 75.
Billy Bud marin, Herman Melville, L'Imaginaire Gallimard, réimpression de 2007, je le lirais bien séance tenante.
Le Corbusier, par Gérard Monnier, La Renaissance du Livre, 1999. Un récent article du Monde expliquant la controverse à propos du quartier des Courtillières d'Emile Aillaud à Pantin m'a amené à m'intéresser à son auteur qui s'occupe, au sein de l'association DOCOMOMO de défendre la mémoire de l'architecture moderne "historique".
L'Enfant et la rivière, d'Henri Bosco, dans une jolie collection Gallimard 1000 soleils qui ne doit plus exister, est sans doute destiné à mon filleul Hugo.

dimanche 30 septembre 2007

New York


Cette image de New York a été écrite par Claude Simon dans Le Jardin des Plantes.
Je l'ai découverte au gré d'une libre pérégrination dans mon Pléiade offert l'an dernier par Françoise Wouts pour mes cinquante ans. Depuis dix ans que Luc Vezin m'a fait découvrir cet auteur, je n'ai lu entièrement que Leçon de Choses. Si je suis revenu à Claude Simon à la fin du mois d'août c'est par le biais d'un autre auteur, W. G. Sebald, dont un exemplaire d'Austerlitz m'avait été offert en février par Kate Blacker qui en le lisant (en anglais) avait pensé que ce livre était pour moi. J'ai dévoré Austerlitz en deux jours et ai commandé d'autres livres du même Sebald qui insérait toujours des photos dans ses textes.
La semaine dernière j'ai beaucoup aimé Cochon d'Allemand de Knud Romer.
La lecture qui requiert depuis une semaine toute mon attention est plus lente car en anglais et je cherche tous les mots inconnus dans mes dictionnaires : Call me by your name, par André Aciman.
J'ignore à quel moment je pourrai revenir à La Route des Flandres de Claude Simon et j'aimerais être capable de lire avec la même attention tous les livres que je désire.
J'ai été ravi de voir paraître en collection de poche Extrêmement Fort et Incroyablement Près de Jonathan Safran Foer que j'avais découvert tout seul l'an dernier et que j'avais lu en anglais avant sa traduction en français. J'en ai déjà racheté un exemplaire hier pour l'offrir aux Rizos qui croient que mon rêve aurait été de devenir architecte.

Merci à Abraham Bosse



On pourrait croire que les vacances s'éternisent, que mon silence vaudrait pour abandon, que je n'ai rien fait depuis près de deux mois, alors que j'ai fait récemment, grâce à la requête de Céline Flécheux, une découverte géométrique fascinante, en observant enfin attentivement des gravures d'Abraham Bosse reproduites dans le catalogue de l'exposition de la BNF d'il y a trois ans.
La construction perspective inscrite dans un rectangle ou dans un carré permet de découper ce rectangle ou ce carré, selon la moitié, le tiers, le quart, le cinquième, le sixième, le septième, le huitième, le neuvième, le dixième, le onzième... successivement, rigoureusement et infailliblement (sans fin). Cela fait trois semaines que ce constat jubilatoire me laisse ébahi ! Comment se fait-il qu'une démonstration aussi importante soit laissée dans l'ombre ? Je n'ai pas tout à fait fini de comprendre le pourquoi du phénomène mais cette capacité géométrique du tracé perspectif ne peut que raffermir mon amour de la perspective.
On m'objectera que le schéma fourni ici manque de clarté et on n'aura pas tort, j'ai juste voulu superposer (pour voir) toutes les trames obtenues jusqu'à la division en 11. S'il se trouve parmi mes visiteurs que mon silence n'a pas découragés quelque géomètre avisé qui me renverrait à la règle qui explique tout, je serais enchanté.
Il y a trois ans j'avais quelques semaines durant été préoccupé par la règle qui permettrait de diviser en neuf (trois fois trois), sans mesurer, un carré en perspective, (pour, par exemple, dessiner un Rubik's cube) cette découverte me donne une merveilleuse solution.